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Les Canadiens doivent avoir un meilleur accès à l’apprentissage de la langue seconde, affirme Graham Fraser

Écrit par Accent NB le .

À l’approche du 150e anniversaire du Canada, le commissaire aux langues officielles Graham Fraser recommande que le premier ministre veille à ce que soit doublé le nombre de jeunes Canadiens prenant part chaque année à des échanges linguistiques partout au pays afin de promouvoir une compréhension et une appréciation accrues de la dualité linguistique canadienne.

« Même si la Loi sur les langues officielles en est à sa cinquième décennie, certains ont encore de la difficulté à admettre que la dualité linguistique est une valeur canadienne et un élément essentiel de l’identité du Canada, indique le commissaire Fraser. Pour que cette réalité soit mieux comprise, le gouvernement doit davantage souligner l’importance des langues officielles du Canada et d’accroître les possibilités d’apprentissage de la langue seconde en travaillant en collaboration avec les établissements postsecondaires, les provinces et les territoires. »

Les recommandations du commissaire se trouvent dans son rapport annuel de 2011-2012. Le rapport souligne que dans cinq ans, lorsque les Canadiens célébreront le 150e anniversaire de leur pays, ils devraient pouvoir célébrer la dualité linguistique du Canada et profiter de sa présence d’un bout à l’autre du pays.

« Fondamentalement, l’avenir de la dualité linguistique dépend de deux facteurs, explique le commissaire Fraser. La capacité des anglophones du Québec et des francophones dans le reste du Canada à maintenir un environnement linguistique dynamique et vivant où ils peuvent pleinement vivre dans leur langue, et la capacité des membres des deux communautés majoritaires du Canada à intégrer la dualité linguistique comme un élément clé de l’identité canadienne, qu’ils parlent ou non les deux langues officielles. »

Le rapport annuel comprend aussi une analyse du parcours emprunté par la plupart des visiteurs de la région de la capitale nationale, une étude annoncée l’année dernière ayant suscité un vif intérêt. L’objectif était de déterminer s’il était possible d’obtenir des services en français dans différents endroits à Ottawa et en anglais à Gatineau.

« Nos observations ont révélé que des ressources bilingues considérables sont mises à la disposition des visiteurs de la capitale canadienne, mais qu’elles sont souvent invisibles, affirme le commissaire Fraser. Presque tout le personnel hôtelier rencontré au centre-ville d’Ottawa était en mesure d’offrir des services dans les deux langues officielles, mais accueillait généralement les visiteurs en anglais seulement. D’une certaine façon, le bilinguisme est le secret le mieux gardé d’Ottawa. »

Le rapport du commissaire présente aussi plusieurs exemples d’entreprises canadiennes plus concurrentielles parce qu’elles utilisent le français et l’anglais. Au Canada et ailleurs dans le monde, les clients préfèrent généralement traiter avec les entreprises dans leur première langue officielle et se sentent plus à l’aise quand ils l’utilisent.

Selon le commissaire Fraser, « puisque le gouvernement fédéral n’hésite pas à appuyer les entreprises canadiennes dans leur acquisition de certaines compétences clés leur procurant un avantage concurrentiel sur les marchés, il ne devrait donc pas hésiter à les soutenir dans leurs efforts de valorisation et de promotion de la dualité linguistique au Canada et dans le monde. Tant l’économie du pays que les consommateurs y gagneront. »

Comme par les années précédentes, le rapport annuel décrit les enquêtes, les vérifications et les recours judiciaires mis de l’avant pour examiner de plus près comment un certain nombre d'institutions fédérales se conforment à la Loi sur les langues officielles. Il présente aussi des plaintes déposées par des citoyens et des employés de la fonction publique fédérale, ce qui indique la présence de problèmes de conformité dans les institutions fédérales.